C’est l’affaire qui cristallise le débat sur l’immigration et l’État de droit. Le maire de Béziers Robert Ménard se dit « sidéré », jeudi 14 mai sur franceinfo, par sa convocation au tribunal correctionnel le 30 septembre. En 2023, il avait refusé de marier une ressortissante française et un citoyen algérien visé par une obligation de quitter le territoire français. Il risque gros. Très gros. Et il refuse de plaider coupable.
Les faits : juillet 2023, un mariage refusé en direct sur CNews
C’est en regardant la télévision qu’Eva et son fiancé apprennent la nouvelle. Sur le plateau de la chaîne privée CNews, le maire de Béziers Robert Ménard annonce en direct qu’il ne les mariera pas. Nous sommes la veille de la cérémonie.
L’argument du maire est simple : le futur mari est sous OQTF, obligation de quitter le territoire français. Il a aussi été condamné à 8 mois de prison pour vol avec violence.
« Quand vous mariez quelqu’un comme ça, qui doit être obligé de quitter le territoire, vous savez pertinemment qu’après, vous ne le mettrez plus jamais dehors », a affirmé Ménard.
Source : infomigrants.net, europe1.fr
Ce qu’il risque : prison, amende, inéligibilité
Les conséquences judiciaires sont lourdes. Robert Ménard, le maire de Béziers, comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 30 septembre 2026 à 13h30. L’élu encourt jusqu’à cinq ans de prison, une amende de 75 000 euros et une peine d’inéligibilité.
« Bien sûr que j’ai peur. J’ai été élu avec plus de 65% au premier tour. Ça veut dire que les Biterrois sont plutôt contents du travail que je fais. Et là, je pourrais, dans trois mois, ne plus être maire », a-t-il reconnu.
Il a refusé le plaider-coupable. Il ira donc au procès. Un choix assumé. Une stratégie politique autant que juridique.
Source : france3-régions.fr, europe1.fr (14 mai 2026)
Le droit dit quoi ?
C’est là que l’affaire se complique. En droit français, un maire est officier d’état civil. Il a l’obligation de célébrer les mariages légaux. Or, être sous OQTF ne constitue pas un obstacle légal au mariage.
Les futurs époux avaient déposé une plainte contre lui pour avoir pris, dans l’exercice de ses fonctions, des mesures visant à gêner l’exécution de la loi. C’est précisément ce que la justice va trancher : un maire peut-il invoquer une OQTF pour refuser de célébrer un mariage ?
Le ministère de l’Intérieur, par la voix de Laurent Nunez, a rappelé que le maire devait respecter la loi. Ménard a répondu sèchement : « Mais il se moque de moi ? »
Source : france3-régions.fr, franceinfo.fr
Une affaire devenue symbole politique
« C’est moi qui vais payer les pots cassés parce que l’État n’est pas capable de le mettre dehors alors qu’il s’y est engagé », a déclaré Robert Ménard.
L’affaire dépasse désormais Béziers. Elle cristallise le débat sur l’exécution des OQTF, notoire faiblesse de l’État français. Sur les 140 000 OQTF délivrées chaque année, moins de 10 % sont effectivement exécutées selon les données du Sénat. Ménard s’en empare. Il se pose en victime d’un État qui ne fait pas son travail.
Pour ses partisans, c’est un résistant. Pour ses adversaires, c’est un élu qui s’affranchit de la loi. Le procès du 30 septembre 2026 tranchera en pleine campagne présidentielle.
Source : europe1.fr, asatunews.co.id, Sénat (données OQTF)
Conclusion
L’affaire Ménard n’est pas anodine. Elle soulève trois questions fondamentales. Un maire peut-il désobéir à la loi au nom de ses convictions ? L’État peut-il être tenu responsable de ne pas exécuter ses propres décisions ? Et jusqu’où ira la politisation de la justice à un an de la présidentielle ? Le 30 septembre 2026, le tribunal de Montpellier devra répondre, dans un contexte électoral explosif.
Sources vérifiées : franceinfo.fr (14 mai 2026), france3-régions.fr, europe1.fr, infomigrants.net, asatunews.co.id, ici.fr.
