Le mois de septembre 2026 restera comme l’un des plus difficiles de la décennie pour les automobilistes français. Derrière la hausse spectaculaire des prix à la pompe se cache un enchaînement de facteurs géopolitiques et économiques qu’il convient de décortiquer.
Le détroit d’Ormuz, épicentre de la crise
L’origine de cette flambée remonte à la reprise des hostilités au Moyen-Orient, avec le blocage du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique concentre habituellement près d’un cinquième du transport mondial de pétrole, ce qui explique l’ampleur de son impact sur les marchés.Conséquence directe : le cours du baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars, un niveau plus atteint depuis l’été 2022. Certaines estimations évoquent même un baril autour de 113 dollars à la mi-septembre, contre 60 à 70 dollars avant la reprise du conflit.
Un effet différé mais bien réel sur les prix à la pompe
La hausse du prix du pétrole brut ne se répercute pas instantanément à la pompe. Les professionnels du secteur évoquent généralement un délai de dix à quinze jours entre la variation du cours du Brent et son affichage sur les panneaux des stations-service.Ce décalage explique pourquoi les prix ont continué à grimper tout au long du mois de septembre, alors même que la crise géopolitique avait débuté plusieurs semaines auparavant. Au 24 septembre, le prix moyen national du gazole dépassait déjà les 2,40 euros le litre selon les relevés du ministère de l’Économie.
Des tensions d’approvisionnement bien réelles
Au-delà des prix, cette crise se traduit aussi par des difficultés concrètes d’approvisionnement. Au 21 septembre 2026, environ 16 % des stations-service françaises rencontraient des difficultés pour s’approvisionner en essence ou en gazole, un taux atteignant même 20 % dans certaines régions comme les Pays de la Loire.
Le poids souvent oublié de la fiscalité
Ce contexte remet en lumière le poids des taxes dans le prix final payé par les automobilistes. Selon les données de la Commission européenne, la fiscalité représente près de 44 % du prix du gazole et plus de 50 % de celui du sans-plomb 95. Sur un litre d’essence vendu à deux euros, plus d’un euro part ainsi directement dans les caisses de l’État.Cette réalité fiscale explique en partie pourquoi les marges de manœuvre du gouvernement pour amortir la hausse restent limitées, malgré la pression exercée par l’opinion publique et certains responsables politiques.
