Il est l’un des visages les plus reconnaissables de la politique française. À seulement 30 ans, Jordan Bardella s’est imposé comme le président du Rassemblement National et le favori des sondages pour l’élection présidentielle de 2027. Né dans une cité populaire de banlieue parisienne, il incarne une nouvelle génération politique qui fascine autant qu’elle divise. Qui est-il vraiment ? D’où vient-il ? Que défend-il ? Et quelles sont ses chances réelles d’accéder à l’Élysée ?
Dans cet article, nous vous proposons une analyse complète et sourcée de son parcours, de ses positions politiques et de ce que les derniers sondages révèlent sur l’élection présidentielle de 2027.
Qui est Jordan Bardella ? Une ascension fulgurante depuis la banlieue parisienne
Jordan Bardella naît le 13 septembre 1995 à Drancy, en Seine-Saint-Denis, dans une famille d’origine italienne. Son père, Olivier Bardella, est le fils d’un immigré italien installé en France dans les années 1960. Sa mère, Luisa, est originaire de Turin. Le jeune Jordan grandit dans un environnement populaire, marqué par les enjeux de sécurité et de mixité sociale propres aux banlieues franciliennes.
Il obtient son baccalauréat économique et social avec mention très bien au lycée Jean-Baptiste de la Salle, à Saint-Denis. Il entame ensuite des études de géographie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), mais abandonne son cursus en 2015 pour se consacrer entièrement à la politique.
Les grandes dates de sa carrière :
- 2012 : Adhésion au Front National à l’âge de 16 ans.
- 2014 : Devient le plus jeune secrétaire départemental du FN.
- 2016 : Crée le collectif « Banlieues patriotes » pour développer l’électorat du RN en périphérie urbaine.
- 2017 : Intègre l’équipe de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle.
- 2019 : Tête de liste du RN aux élections européennes (élu député européen à seulement 23 ans).
- 2021 : Nommé premier vice-président du RN par Marine Le Pen.
- 2022 : Élu président du Rassemblement National avec 84,8 % des voix lors du congrès du parti.
- 2024 : Envisagé comme Premier ministre après la victoire du RN au premier tour des législatives (33,15 % des voix).
Sources : Parlement européen (europarl.europa.eu), Wikipédia, vie-publique.fr
Ses positions politiques : immigration, souveraineté, économie
Jordan Bardella défend un programme qu’il qualifie lui-même de souverainiste et identitaire. Ses principales positions sont les suivantes :
Sur l’immigration : Il prône un contrôle strict de l’immigration légale et une lutte renforcée contre l’immigration illégale, avec la mise en place d’une « priorité nationale » pour l’accès à l’emploi et aux aides sociales.
Sur l’économie : Contrairement à l’image traditionnelle du RN, Bardella revendique un « programme économique en faveur du business et de l’entrepreneuriat ». Il propose notamment la suppression de plusieurs taxes pesant sur les entreprises, comme la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), et se positionne en faveur d’une fiscalité allégée pour les sociétés.
Sur l’Europe : Bardella a évolué sur la question européenne. Il ne prône plus la sortie de l’euro mais reste très critique de certaines politiques de l’Union européenne, notamment le Pacte vert et les politiques migratoires communes. Au Parlement européen, il préside le groupe « Patriotes pour l’Europe », fondé à l’initiative de Viktor Orbán.
Sur la sécurité : La lutte contre l’insécurité est l’un de ses thèmes centraux depuis ses années de formation en banlieue. Il plaide pour un renforcement des forces de l’ordre et des peines plus sévères.
Sources : vie-publique.fr, parlement-europeen.fr, publicsenat.fr
Bardella et les élections législatives : le rôle du RN sous sa présidence
Sous la présidence de Jordan Bardella, le Rassemblement National a connu un essor électoral sans précédent lors des élections législatives de juin 2024.
Convoquées en urgence après la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, ces législatives ont vu le RN arriver largement en tête du premier tour avec 33,15 % des voix selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur. La participation avait atteint 66,7 %, un record depuis 1997 (source : Ministère de l’Intérieur, interieur.gouv.fr).
Jordan Bardella était alors présenté comme le futur Premier ministre en cas de majorité absolue. Si le RN n’a finalement pas obtenu cette majorité au second tour — notamment en raison des désistements du « front républicain » —, il a tout de même constitué le premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale.
Selon l’analyse de l’Ifop réalisée après le premier tour, le RN a bénéficié d’un électorat dit « attrape-tout », performant aussi bien auprès des catégories populaires (47 % des suffrages) que, pour la première fois, auprès des cadres (24 %) et des jeunes (25 % chez les 18-24 ans), contre seulement 12 % en 2022 (source : Ifop, ifop.com).
Sources : interieur.gouv.fr, franceinfo.fr, ifop.com
Ce qu’il a dit : les citations marquantes de Jordan Bardella
« Je veux ouvrir une nouvelle ère faite d’ordre et de fierté retrouvée. » — Jordan Bardella, Public Sénat, 2025
Ce que les électeurs pensent vraiment de lui
Jordan Bardella est la personnalité politique qui recueille le plus haut niveau d’adhésion dans les baromètres politiques récents. Selon le baromètre Odoxa de novembre 2025, il est crédité de 39 % d’opinions favorables, en progression de 3 points par rapport au mois précédent, devançant nettement Marine Le Pen (35 %).
Cependant, il cumule également un taux de rejet significatif, notamment dans les grandes métropoles et auprès des électeurs de gauche. La politologue et commentatrice Gaël Sliman (Odoxa) souligne que rien ne garantit que cette popularité perdurera, et qu’un faux pas médiatique pourrait remettre en cause l’équilibre du moment.
Sa popularité repose sur plusieurs piliers :
- Sa jeunesse et son image de renouveau générationnel.
- Une présence très forte sur les réseaux sociaux (TikTok, Instagram), atypique pour un leader politique traditionnel.
- Un style de communication calme et maîtrisé, en rupture avec les codes de l’extrême droite historique.
Sources : Odoxa/publicsenat.fr, Mediapart, lesjours.fr
