Le procès le plus suivi de France entre dans sa dernière ligne droite. Le parquet général a requis le 13 mai 2026 la condamnation de Nicolas Sarkozy à sept ans de prison, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité dans le cadre du procès en appel de l’affaire du financement libyen. Le verdict est attendu le 30 novembre 2026. En pleine campagne présidentielle.
De quoi Nicolas Sarkozy est-il accusé ?
L’affaire remonte à la campagne présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir, avec ses collaborateurs Brice Hortefeux et Claude Guéant, noué un « pacte de corruption » avec le régime de Mouammar Kadhafi.
L’objectif, selon l’accusation : obtenir des fonds occultes pour financer sa campagne, via l’intermédiaire Ziad Takieddine. En échange, des contreparties auraient été offertes au régime libyen, notamment l’examen de la situation pénale d’Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi condamné par défaut en France pour terrorisme.
Les chefs d’inculpation sont lourds : corruption passive, association de malfaiteurs, financement illégal de campagne, recel de détournement de fonds publics libyens.
Source : france24.com, euronews.com (13-27 mai 2026)
Ce que dit l’accusation : « un accord » avec Kadhafi
L’avocat général Damien Brunet a été direct. « Il a bien existé un accord entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi ». En récompense des fonds versés par le régime libyen, Sarkozy et Guéant auraient engagé des démarches pour lever le mandat d’arrêt visant Abdallah Senoussi.
Ces réquisitions sont similaires à celles du Parquet national financier en première instance. L’accusation a qualifié Sarkozy de « principal décisionnaire et commanditaire » du système.
L’année dernière, en première instance, Sarkozy avait été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs mais relaxé des trois autres chefs. Cette condamnation l’avait conduit à une incarcération de vingt jours à la prison de la Santé.
Source : france24.com, Wikipédia (septembre 2025 – mai 2026)
Ce que dit la défense : « pas un centime »
La défense de Sarkozy campe sur ses positions. Elle répète que « pas un centime » d’argent libyen n’a atterri dans sa campagne présidentielle de 2007. Sarkozy lui-même dément toute malversation.
Ses avocats contestent la fiabilité des témoignages à charge. Ziad Takieddine, l’intermédiaire central de l’accusation, a lui-même varié dans ses déclarations au fil des années. La défense s’appuie sur ces contradictions.
Claude Guéant, condamné en première instance à six ans de prison, est en incapacité de comparaître à ce procès en appel pour raisons de santé. Son absence affaiblit la capacité de la défense à présenter une version coordonnée des faits.
Source : euronews.com (27 mai 2026)
Le verdict du 30 novembre : une bombe politique en campagne
Le 30 novembre 2026, la cour d’appel rendra son verdict. Ce calendrier est explosif. La campagne présidentielle sera en plein essor. Tous les candidats seront en lice.
Un verdict confirmant les réquisitions, sept ans de prison et cinq ans d’inéligibilité, aurait un impact politique majeur. Il alimenterait le débat sur la justice et les élites. Il nourrirait les discours anti-système du RN et de LFI et il pourrait compliquer la position des candidats de droite modérée, issus comme Sarkozy de la famille UMP-LR.
La « dernière carte » de Sarkozy selon franceinfo : une défense qui tente de démonter pièce par pièce l’édifice de l’accusation. Cependant après un premier verdict déjà sévère, la tâche est immense.
Source : franceinfo.fr, euronews.com (27 mai 2026)
Conclusion
L’affaire libyenne de Sarkozy est une saga judiciaire qui dure depuis quinze ans. Elle entre dans sa phase finale avec un verdict attendu le 30 novembre 2026. Ce jour-là, la France jugera non seulement un ancien président mais aussi la capacité de sa justice à traiter équitablement les puissants. À un an de la présidentielle, la symbolique est immense.
Sources vérifiées : france24.com (12-13 mai 2026), euronews.com (27 mai 2026), Wikipédia (affaire Sarkozy-Kadhafi), franceinfo.fr.
