L’immigration est présentée comme LE sujet de la présidentielle 2027. Bardella en fait son cheval de bataille. Zemmour a bâti toute sa carrière politique dessus. Mais est-ce vraiment le premier sujet des Français ? Et que disent les chiffres officiels sur l’immigration en France ? Décryptage factuel, sans tabou ni excès.
Immigration : 8e sujet déterminant, pas le premier
Contra les apparences médiatiques, l’immigration n’est pas le premier sujet des Français. Selon l’étude Ipsos BVA-CESI pour Le Monde et le CEVIPOF d’avril 2026, elle arrive au 8e rang des thèmes déclarés déterminants dans le vote. La santé, le pouvoir d’achat, les retraites, le chômage et la sécurité la précèdent.
Mais ce classement cache un fort clivage partisan. Dans l’électorat RN, l’immigration est citée dans le top 3 des sujets déterminants. Dans l’électorat de gauche, elle n’apparaît quasiment pas.
Source : Ipsos BVA-CESI pour Le Monde/CEVIPOF (avril 2026)
Les chiffres officiels de l’immigration en France
En 2024, la France a accordé environ 323 000 premiers titres de séjour selon les données du ministère de l’Intérieur. C’est un niveau stable par rapport aux années précédentes. Les principales catégories sont les motifs familiaux (33 %), humanitaires (18 %) et étudiants (30 %).
Le nombre de demandes d’asile s’établissait à environ 145 000 en 2024 selon l’OFPRA. Le taux d’accord oscille autour de 30 %. La France est l’un des premiers pays d’accueil de demandeurs d’asile en Europe, avec l’Allemagne et l’Espagne.
Source : Ministère de l’Intérieur (interieur.gouv.fr), OFPRA (ofpra.gouv.fr)
Un débat structuré par les clivages politiques
Le spectre des positions est total sur cet enjeu. À l’extrême droite, Zemmour parle d’ « immigration zéro » et de grand remplacement. Le RN propose un référendum pour instaurer la priorité nationale et supprimer le droit du sol. LR veut des quotas migratoires votés par le Parlement.
Au centre, Philippe veut une politique migratoire ferme mais organisée. À gauche, LFI défend la régularisation des sans-papiers et un accueil digne des réfugiés. Glucksmann et le PS défendent une position intermédiaire, maîtrise des flux, mais respect des droits fondamentaux.
Ce clivage rend l’immigration électoralement explosif : chaque candidate qui parle d’immigration séduit une partie de l’électorat et en révulse une autre.
Sources : Ministère de l’Intérieur (interieur.gouv.fr), OFPRA (ofpra.gouv.fr), Ipsos BVA-CESI/CEVIPOF (avril 2026).
