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Migrants : l’Europe adopte les « hubs de retour » avec les voix du RN

418 voix pour, 218 contre, 30 abstentions. Mercredi 17 juin 2026, le Parlement européen a adopté à Strasbourg une réforme migratoire majeure : le règlement « retour ». Il autorise les États membres à créer des centres de rétention pour migrants déboutés hors des frontières de l’Union européenne. Le texte a été voté avec les voix de l’extrême droite. Une alliance qui embarrasse une partie de la majorité française et qui pourrait redessiner les clivages politiques avant 2027.

Ce que prévoit le règlement « retour »

Le texte instaure un système commun pour le retour des ressortissants de pays tiers séjournant illégalement dans l’Union. Concrètement, il prévoit un durcissement des conditions de recours pour les demandeurs d’asile refusés. Ainsi que leur possible renvoi dans des centres de rétention, des « hubs de retour », créés dans des États hors de l’Union européenne.

Ce règlement remplace une directive de 2008. La différence est importante : contrairement aux directives, les règlements s’appliquent directement et immédiatement dans tous les États membres, sans nécessité de législation nationale. Son entrée en vigueur est prévue en juillet 2026.

L’objectif affiché par ses partisans est d’accélérer les expulsions des personnes déboutées du droit d’asile, un sujet sur lequel l’Union européenne est critiquée depuis des années pour son inefficacité.

Source : France 24 (17 juin 2026), Public Sénat, Assemblée nationale

Une alliance inédite entre droite et extrême droite

Ce vote est l’aboutissement, d’une alliance inédite à Bruxelles. Entre la droite et l’extrême droite, même si des doutes entourent l’applicabilité de ce dispositif.

Sur X, le président du RN et eurodéputé Jordan Bardella s’est félicité de ce vote. En effet, il affirme que « l’Union européenne se dote enfin d’instruments à la hauteur des enjeux pour sortir du laxisme migratoire ». À l’extrême droite, les Patriotes pour l’Europe, le groupe que préside Bardella, se sont félicités de constater à quel point leurs idées pesaient désormais dans le débat.

Après le vote, des eurodéputés d’extrême droite ont scandé « Send them back ! » dans l’hémicycle. Une scène symbolique qui illustre le climat politique entourant cette adoption.

Source : France 24, L’Avenir (17-18 juin 2026)

Le malaise du gouvernement français

Le vote place le gouvernement français dans une position inconfortable. Le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a salué le fond du texte : « Après le conseil, le vote de ce texte au parlement est une avancée majeure pour renforcer nos instruments de protection de nos frontières et de maîtrise de l’immigration ».

Mais, interrogé sur la méthode, il a nuancé. « Je regrette la façon, peut-être, dont le texte a été adopté », a-t-il admis au sujet des voix du RN. Il pointe une responsabilité partagée : « Vous aviez toute une partie de la gauche qui a décidé de ne pas prendre part à cette négociation ».

Cette défense illustre le dilemme du gouvernement. En effet, il soutient le fond de la réforme migratoire, mais ne veut pas être associé publiquement à une alliance avec l’extrême droite.

Source : franceinfo.fr (18 juin 2026)

La gauche dénonce une « convergence » dangereuse

Pour la gauche européenne, ce vote est un signal d’alarme. Contesté par la gauche qui y voit une illustration de la convergence droite/extrême droite dans l’hémicycle, ce règlement est destiné principalement à accélérer les expulsions.

L’eurodéputé belge Renew Yvan Verougstraete, qui a voté contre, a résumé : « L’efficacité ne peut pas justifier l’injustifiable ». De plus, le groupe centriste Renew était d’ailleurs divisé sur la question des hubs. Certains élus souhaitaient exclure les familles avec enfants de la possibilité de renvoi vers des pays tiers lointains, sans y parvenir.

Marine Le Pen, qui critiquait l’an dernier ce projet en le qualifiant de « projet mortifère » et de « violation du principe de la souveraineté des États ». Voit la mise en place de ces hubs laissée aux mains des États membres, ce qui devrait la rassurer sur le respect de la souveraineté nationale.

Source : Public Sénat, L’Avenir (17-18 juin 2026)

Conclusion

Le vote du règlement « retour » marque un tournant dans la politique migratoire européenne. Il illustre aussi une recomposition politique à l’œuvre. Une partie de la droite et l’extrême droite convergent sur l’immigration, pendant que le gouvernement français peine à se démarquer clairement de ce rapprochement. À un an de la présidentielle française. Ce vote européen pourrait peser lourd dans le débat sur l’immigration et sur les positionnements de chaque candidat face au RN.

Sources vérifiées : France 24 (17 juin 2026), franceinfo.fr (18 juin 2026), Public Sénat, L’Avenir (17-18 juin 2026), Assemblée nationale.

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