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Primaire au bloc central : la proposition d’Attal qui fâche Philippe

C’est la dispute qui agite le bloc central depuis deux semaines. Gabriel Attal a mis sur la table l’idée d’une primaire pour départager les candidats du centre, lui-même, Édouard Philippe, et d’autres prétendants potentiels. La proposition, lancée fin mai, devait être affinée lors d’un comité de liaison le 10 juin. Mais elle a surtout révélé les divisions profondes d’un camp qui se dit uni face au RN, sans parvenir à s’unir lui-même.

Ce qu’Attal a proposé

Le parti Renaissance va, lors du prochain « comité de liaison » prévu le 10 juin avec les autres partis du bloc central, formuler des « propositions nouvelles », dont un calendrier pour une éventuelle primaire en vue d’un candidat unique à l’élection présidentielle, avait annoncé Attal début juin.

Le numéro 2 de Renaissance, Franck Riester, devait porter ces propositions. L’objectif affiché par Attal : « porter un projet d’espoir pour les Français, permettre le rassemblement pour empêcher la tenaille entre La France insoumise et le Rassemblement national ».

Ce comité de liaison réunit un représentant de Renaissance (Franck Riester), d’Horizons (Christophe Béchu), du MoDem (Marc Fesneau), de l’UDI (Hervé Marseille), ainsi que la présidente du Parti radical, Nathalie Delattre. Les Républicains, dont le président Bruno Retailleau est également candidat, n’en font pas partie.

Source : actu.orange.fr (4-10 juin 2026)

La réponse cinglante du camp Philippe

La proposition n’a pas été bien accueillie. Selon un correspondant cité par Yahoo Actualités, certains dans l’entourage de Philippe ont qualifié l’initiative de « grosse connerie ».

Édouard Philippe lui-même a posé un constat sans appel : « Dans le spectre politique tel qu’il existe aujourd’hui, il n’y a pas de place pour cette primaire parce que le champ politique est beaucoup trop large et la confiance entre des partis beaucoup trop faible ».

L’eurodéputée Nathalie Loiseau, proche d’Horizons, a été encore plus directe. « Jusqu’à présent, il avait fait savoir qu’il acceptait de se ranger derrière le mieux placé, surtout si le risque était un deuxième tour Mélenchon-RN. Aujourd’hui, le mieux placé non seulement pour accéder au deuxième tour mais aussi pour le gagner est Édouard Philippe. Il faudra bien en prendre acte ».

Source : Yahoo Actualités France (14 juin 2026)

Le problème de fond : qui est vraiment en tête ?

Derrière la querelle de méthode se cache une bataille de chiffres. Dans le dernier baromètre Ifop-Fiducial publié fin mai 2026, Philippe apparaît devant Attal dans les intentions de vote, même si l’écart varie selon les enquêtes. Le même sondage place Jordan Bardella en tête du premier tour, avec 36 % des intentions de vote, contre 16 % pour Philippe et 11 % pour Attal.

Cet écart de 5 points donne à Philippe un argument de poids : pourquoi organiser une primaire quand les sondages désignent déjà un favori ? C’est précisément l’argument avancé par son entourage pour rejeter la proposition d’Attal.

Mais le camp Attal n’a pas dit son dernier mot. Lors du congrès des Jeunes Agriculteurs à Bourg-en-Bresse, Attal a précisé son calendrier : il proposera une primaire « si aucun candidat ne se démarque dans les sondages cet automne ». Une façon de maintenir la pression sur Philippe sans trancher immédiatement.

Source : parlons-politique.fr, actuniort.fr (4-14 juin 2026)

Ce que ça révèle sur la fragilité du bloc central

Le cœur du problème est simple : le bloc central n’organise pas de primaire, mais il fonctionne déjà comme s’il en vivait une. Chacun teste sa crédibilité, son image et sa capacité à tenir face au Rassemblement national.

Le risque est réel. Si les voix du centre se dispersent entre Attal, Philippe et d’autres figures de la droite gouvernementale, la qualification pour le second tour devient beaucoup plus difficile. Le bloc central n’est plus en situation de quasi-monopole comme en 2017 ou en 2022, il doit désormais composer avec Bruno Retailleau, candidat officiellement désigné par Les Républicains le 19 avril 2026, et avec un RN qui reste le pôle le plus solide dans les sondages.

Malgré la dispute, un « comité de liaison » informel existe déjà entre Attal et Philippe, dans l’optique d’éventuellement fusionner leurs candidatures pour empêcher un second tour LFI-RN en 2027. La primaire, en attendant, reste un sujet qui divise plus qu’il ne rassemble.

Source : parlons-politique.fr, franceinfo.fr (juin 2026)

Conclusion

La proposition de primaire d’Attal aura surtout eu un effet : révéler au grand jour les tensions internes du bloc central. Philippe la rejette, fort de son avance dans les sondages. Attal la maintient en réserve pour l’automne. Et pendant ce temps, Bardella reste loin devant dans toutes les enquêtes d’opinion. La question n’est plus seulement de savoir qui gagnera la primaire du centremais si ce camp parviendra seulement à en organiser une.

Sources vérifiées : actu.orange.fr (4-10 juin 2026), Yahoo Actualités France (14 juin 2026), parlons-politique.fr, actuniort.fr (juin 2026).

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