Ce samedi 4 juillet, des milliers de personnes défilent partout en France. À Paris et dans des dizaines de villes, une coalition féministe et citoyenne a appelé à une grande marche contre les violences sexistes et sexuelles. La mobilisation est portée par la mémoire de Lyhanna, la jeune fille de 11 ans assassinée dans le Gers fin mai. Et par une exigence concrète : le vote d’une loi intégrale pour mettre fin à l’impunité des agresseurs.
Pourquoi cette marche aujourd’hui ?
La mobilisation a une double origine. La première est émotionnelle : le meurtre de Lyhanna, retrouvée morte le 4 juin à Puycasquier (Gers), a provoqué un choc national. Le mis en cause avait déjà été dénoncé à la justice par plusieurs victimes dont une enfant victime d’une cinquantaine de viols — et un précédent signalement avait été classé sans suite. Cette affaire a mis en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire face aux violences faites aux enfants.
La seconde est politique : une proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles est déposée depuis décembre sur le bureau de l’Assemblée nationale. Elle attend d’être mise à l’ordre du jour. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré qu’elle serait débattue en octobre, tout en limitant immédiatement sa portée. Les organisatrices refusent cet calendrier et ces restrictions.
Source : Fondation des Femmes, loi-integrale.fr (24 juin – 4 juillet 2026)
Ce que demande la coalition féministe
La coalition qui organise la marche regroupe des associations féministes, des associations de protection de l’enfance et des personnalités politiques. Elle porte une proposition de loi élaborée en étroite collaboration avec les associations expertes.
Ses demandes principales sont claires. Un cadre légal intégral pour la protection des femmes et des enfants face aux violences sexuelles. Des moyens financiers à la hauteur : 3 milliards d’euros par an. Et une mise à l’ordre du jour parlementaire immédiate, pas en octobre, pas après les élections.
Une coalition parlementaire transpartisane regroupant l’ensemble des groupes politiques sauf le RN et l’UDR a soutenu ce texte à l’Assemblée nationale. L’absence du RN et de l’UDR sur ce texte est un fait politique notable.
Source : Réseau Bastille, Fondation des Femmes (4 juillet 2026)
Le refus de la « surenchère répressive »
Les organisatrices prennent soin de se distinguer d’une autre approche politique. Elles affirment que la surenchère répressive prônée par l’extrême droite et la droite extrême ne protégera ni les femmes ni les enfants.
Elles rejettent les propositions de castration chimique, de perpétuité réelle et de rétablissement de la peine de mort. Ces mesures, portées par certains à droite dans le sillage de l’affaire Lyhanna, sont présentées comme des réponses politiques instrumentalisant les victimes plutôt que de les protéger réellement.
La coalition affirme : « Ni la répression aveugle, ni la surenchère verbale, ni la politique du fait divers n’ont jamais empêché les crimes et les délits. Ces propositions ignorent de surcroît les besoins et les droits des victimes ».
Source : loi-integrale.fr, reseau-bastille.org (4 juillet 2026)
Une mobilisation qui s’inscrit dans la campagne présidentielle
Cette marche se déroule à moins d’un an de la présidentielle. Les violences sexuelles et la protection des femmes et des enfants seront des enjeux du scrutin. Chaque candidat devra se positionner.
Le gouvernement a promis un débat parlementaire en octobre 2026. La coalition féministe veut que ce débat ait lieu et que ses recommandations soient intégralement reprises. Les organisatrices rappellent que la Ciivise, Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, avait formulé ses recommandations fin 2023. Deux ans et demi plus tard, elles ne sont toujours pas appliquées.
La France marche ce 4 juillet. Elle attend désormais que ses dirigeants agissent.
Source : Fondation des Femmes (4 juillet 2026), franceinfo.fr (7 juin 2026)
Conclusion
La grande marche du 4 juillet 2026 n’est pas une manifestation de plus. C’est la convergence d’une douleur collective, la mort de Lyhanna et d’une exigence politique précise : une loi intégrale, des moyens réels, une mise en œuvre immédiate. À un an de la présidentielle, les candidates et candidats ne pourront pas faire l’impasse sur ce sujet. Les Français qui marchent aujourd’hui voteront demain.
Sources vérifiées : Fondation des Femmes (fondationdesfemmes.org, 4 juillet 2026), loi-integrale.fr (4 juillet 2026), reseau-bastille.org (4 juillet 2026), franceinfo.fr.
