C’est le thermomètre de l’opinion politique française. Le baromètre Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs pour La Tribune Dimanche, réalisé les 5 et 6 mai 2026, livre un état de l’opinion particulièrement sombre. 88 % des Français se disent pessimistes concernant la situation économique mondiale, soit +6 points depuis février 2026. Un chiffre qui dit tout sur l’état d’esprit du pays à un an de la présidentielle.
Le pouvoir d’achat reste la première préoccupation
Le pouvoir d’achat demeure la principale préoccupation des Français à 49 %, en recul de 3 points par rapport au mois précédent. Ce léger recul ne signifie pas que l’inquiétude disparaît. Elle reste très largement en tête.
Derrière elle, deux sujets progressent fortement. L’avenir du système social arrive en deuxième position à 41 %, en hausse de 3 points. Le niveau de la dette et des déficits progresse à 30 %, en hausse de 5 points.
Cette montée de l’inquiétude sur la dette est un signal nouveau. Les Français commencent à intégrer la question des finances publiques dans leurs préoccupations, un sujet longtemps réservé aux spécialistes.
Source : Ipsos BVA-CESI/La Tribune Dimanche (5-6 mai 2026)
Un pessimisme économique historique
Les chiffres sont frappants. 91 % des Français se disent pessimistes concernant la situation économique du pays, en hausse de 3 points.
69 % se disent pessimistes concernant leur propre situation économique, en hausse de 3 points. C’est le chiffre le plus significatif. Quand les Français doutent de leur propre situation et pas seulement de l’économie mondiale ou nationale, c’est que le malaise est profond et personnel.
En avril 2026, 60 % des Français déclarent éprouver des difficultés financières au quotidien, une situation accentuée par la hausse des prix de l’énergie.
Source : Ipsos BVA-CESI/RTL (avril 2026), Ipsos BVA-CESI/La Tribune Dimanche (mai 2026)
Ce que ce pessimisme dit de la présidentielle 2027
Ce contexte économique morose structure directement la présidentielle. À un an de l’échéance, la présidentielle de 2027 pourrait marquer un tournant : celui d’un retour du vote sur les enjeux de fond. Santé, pouvoir d’achat, éducation, l’enquête électorale française révèle une hiérarchie claire des priorités des Français, loin des seules logiques de casting ou de vote utile.
En clair : les Français veulent des réponses concrètes. Pas des débats de personnalités. Pas des querelles partisanes. Des programmes crédibles sur leur quotidien.
C’est dans ce contexte que la déclaration de Mélenchon prend un sens particulier. Son discours sur les classes populaires et le « chacun pour soi » contre le « tous ensemble » résonne directement avec ce pessimisme ambiant.
Source : Ipsos BVA-CESI/CEVIPOF/Le Monde (avril 2026)
Mélenchon vu comme un handicap à gauche
Le baromètre de mai 2026 contient une donnée importante sur Mélenchon. Il est perçu comme un handicap pour une victoire de la gauche à la présidentielle par 70 % des Français, y compris chez 55 % des sympathisants de gauche.
Ses forces sont aussi identifiées. Le premier atout de Jean-Luc Mélenchon selon les Français sont ses talents d’orateur, cités par 60 %, devant son expérience à 41 %.
Parmi ses handicaps : son agressivité est citée par 64 % des Français, et ses propos qui créent la polémique par 60 %. Même chez ses propres sympathisants, ses difficultés à rassembler le reste de la gauche sont citées par 51 %.
Source : Ipsos BVA-CESI/La Tribune Dimanche (5-6 mai 2026)
Conclusion
Le baromètre de mai 2026 dresse un portrait préoccupant. Les Français sont pessimistes sur l’économie mondiale, nationale et personnelle. Ils veulent du concret. Et ils regardent la présidentielle 2027 avec des attentes très élevées. Dans ce contexte, le candidat qui parlera le mieux de leur quotidien et pas seulement de politique politicienne, aura une longueur d’avance.
Sources vérifiées : Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs/La Tribune Dimanche (5-6 mai 2026, ipsos.com), Ipsos BVA-CESI/RTL (avril 2026), Ipsos BVA-CESI/CEVIPOF/Le Monde (avril 2026).
